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Aurore Dachy
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MessageSujet: question Mar 11 Nov - 15:52

Monsieur,

J'ai une question concernant le schéma de la densité clinique de Michel Legrand. Dans mes notes, j'ai écris que la psychanalyse figurait du côté positif (de l'universel)... je ne comprends pas pourquoi cette discipline axée sur l'individu se trouve là.

D'avance merci,
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christopheadam
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MessageSujet: Re: question Mar 11 Nov - 17:52

Bonjour,

La psychanalyse est la discipline la plus saturée cliniquement, ce qui veut dire que les quatre curseurs sont vers le haut. L'auteur dit alors qu'elle peut exercer un pouvoir de fascination. Cela veut dire concrètement que le psychanalyste reconnaît les quatre dimensions comme constitutives de la discipline.

Votre énoncé n'est pas correct car Michel Legrand ne dit justement pas que la psychanalyse est "discipline de l'individu" (c'est plutôt ce que l'on dit de la psychanalyse en général et qui est faux selon l'auteur). Elle est discipline qui articule constamment le SINGULIER (et non l'individuel) et l'UNIVERSEL : à travers l'étude approfondie du singulier, elle entend mettre à jour les structures universelles. L'idée se concrétisera aussi chez d'autres auteurs que nous verrons. Je vous donne un exemple : si j'étudie votre façon à vous d'être jalouse ou affectée (toujours singulière), peut-être comprendrais-je quelque chose de ce sentiment universel, vécu par tout être humain même si les façons de le vivre diffèrent selon la culture. L'amour et la haine sont universels mais les façons d'aimer et de haïr sont aussi singulières, selon l'expérience qui vous est propre.

Le schéma que j'ai utilisé est une réduction de la pensée de Michel Legrand, ne vous y fiez pas totalement (car il représente mal le clivage entre les pôles des quatre dimensions), mon but était de vous montrer que ces dimensions sont toujours présentes dans toutes situations interhumaines mais qu'elles ne sont pas toujours identifiées, c'est notamment le cas du positivisme qui les dénie ou clive ces dimensions : le sujet savant positiviste prétend, par exemple, être totalement extérieur à son objet. En revanche, le psychanalyse reconnaîtra son implication par les jeux de ce qu'on appelle les phénomènes de contre-transfert, la rencontre de l'autre provoque des choses chez lui et en lui... Là où chez le positiviste c'est totalement séparé, chez le psychanalyste cela est relié.

Pour la psychanalyse, l'INDIVIDU n'existe pas (ou pas dans l'absolu) car le mot est de la même famille que le mot "indivisible". Or avec la notion d'inconscient, l'être apparaît en lui divisé, il est un être conflictuel. Nous sommes aussi des êtres "divisibles" au sens d'une faille ou d'une brisure (pathologie) qui peut nous affecter... Voyez la métaphore du cristal brisé.

Je vous conseille de lire la partie de l'ouvrage de Michel Legrand qui s'exprime encore dans d'autres termes que vous aideront à mieux comprendre.

Mais est-ce plus clair jusqu'ici ?

Ch.A.
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Aurore Dachy
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MessageSujet: Re: question Mer 12 Nov - 14:59

oui merci beaucoup
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Croc
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MessageSujet: Re: question Jeu 27 Nov - 0:26

Bonjour,

Sur l'UV, je ne trouve pas le tableau de comparaison Leuret-Lasègue? Pouvez-vous me dire ou le trouver? Ca m'éclairerait pour mon erreur à la question 6 de l'évaluation.

Autre remarque (détail): dans le chapitre 1, la notion de dégénerescence: "accent sur l'impact du milieu comme sur le corps". Dans l'article de Debuyst, il parle de l'impact du milieu sur le corps. Ca change quand même le sens, non...?

Merci
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christopheadam
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MessageSujet: Re: question Jeu 27 Nov - 1:55

Il se trouve dans le dossier Explicitations supplémentaires

L'accent est mis tant sur le corps que sur le milieu : les deux réalités sont prises en compte mais il est vrai que l'impact du milieu sur le corps a également été étudié. La nuance est légère.

Ch.A.
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Amandine
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MessageSujet: Re: question Mar 23 Déc - 14:33

Bonjour Monsieur,

Pourriez-vous me donner deux trois explications en ce qui concerne le crime destructeur et le crime créateur chez Lombroso? Car je ne suis pas sûre d'avoir bien compris...

Merci
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christopheadam
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MessageSujet: Re: question Mar 23 Déc - 15:14

Bonjour,

Le crime est en principe destructeur de l'objet (au sens psychologique du terme). Vous pourriez d'ailleurs associer cette idée au concept d'instinct de défense chez De Greeff dans ce qu'il a d'absolu : l'élimination de l'autre.

Il est plus compliqué de voir le crime ou l'acte délinquant comme quelque chose de créateur ou porteur de valeurs (même si elles sont contraires aux valeurs du groupe social, vous retrouverez cette idée chez Lagache par exemple).

En fait, Lombroso observe le monde extérieur et le paysage et il voit des paysages accidentés, des plaines et des vallées, un relief qui change... qui vit, qui se bouleverse... Il est en train de se demander si le monde correspond à l'immobilisme biblique : un monde créé à l'image de dieu, lisse, où l'évolution est toute tracée, comme l'Adam primitif de Morel qu'il a beaucoup lu et qui l'a beaucoup influencé. Il se demande si la nature humaine n'est pas plus conflictuelle, plus déséquilibrée, moins lisse (comme le relief)... Pour lui, la nature est fondamentalement criminelle (souvenez-vous des végétaux et des animaux... passage de l'Homme criminel que j'ai lus au cours). En même temps, il se demande si la nature n'est que destruction. Si elle l'était comment expliquer ces oeuvres les plus élevées dont l'homme se montre capable? Il en arrive à penser que la nature est double et que le crime est autant force de création (de nouvelles valeurs) que de destruction. La rupture d'équilibre qu'engendre le crime dans une communauté est peut-être porteuse d'un nouvel équilibre qui n'existe pas encore. On retouve chez Lombroso ce que Freud a appelé le dualisme pulsionnel : vie (création) et mort (destruction), amour et haine constituent tout à chacun.

Du coup, Lombroso apparaît moins statique (au sens où le crime ne serait que destructeur) que ce qu'on lui fait dire, si l'on se fie bien sûr à la lecture de Labadie. Le crime est porteur d'un dynamisme qui lui est propre, d'une certaine conflictualité interne : je serai plus concret dans le cours de Pyshcopathologie et délinquance où je verrai l'aspect paradoxal du passage à l'acte : un geste destructeur comme geste d'amour : il nous arrive à nous les humains de détruire ceux qu'on aime.

On peut aussi se référer au mythe de Caïn et Abel que j'ai évoqué au cours à titre illustratif. Dans le texte, Caïn tue son frère Abel par jalousie : c'est un acte destructeur. Mais, à partir de cet acte qui se sépare d'Abel, Caïn devient aussi le père de toutes les générations futures (qui plus est protégé par le signe de Dieu); il engendre : c'est un acte créateur. Pourtant, souvent, on ne retient que le Caïn criminel... C'est oublier qu'il est le père de toutes les générations futures... Je rappelle que le texte biblique est illustratif lorsqu'on le prend comme métaphore ou récit mythique.

Il ne faut bien évidemment pas transposer cela tel quel en "idéalisant" le crime mais toujours se demander, cliniquement, ce qu'il veut dire, en quoi est-il la seule solution qui s'impose et de quoi est-il porteur pour l'avenir?

Par ailleurs, je reconnais que c'est sans doute le point le plus complexe à comprendre dans le texte de Labadie. Il m'intéresse aussi que vous puissiez le lire pour voir comment vous l'aurez compris.

Est-ce un peu plus clair?

Bien à vous,

Ch.A.
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Amandine
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MessageSujet: Re: question Mar 23 Déc - 17:31

Ouiii c'est beaucoup plus clair...

Merci beaucoup Smile
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Chloé
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MessageSujet: Re: question Mar 23 Déc - 19:34

Bonjour Monsieur,

Je me pose la question des différences fondamentales entre les travaux positivistes actuels et le positivisme lombrosien...

Merci d'avance
Chloé
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christopheadam
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MessageSujet: Re: question Mar 23 Déc - 20:20

La différence est que dans le positivisme actuel, on a gardé un intérêt seulement pour la mesure au détriment des intuitions fondamentales et des volontés d'explication globale, comme on pouvait les voir à l'œuvre chez Lombroso.

J'ai évoqué à plusieurs reprises cet aspect au cours, il ne se trouve pas dans les diapositives.
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Chloé
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MessageSujet: Re: question Mer 24 Déc - 12:10

Merci
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Marie1986
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MessageSujet: Re: question Sam 17 Jan - 22:04

Bonsoir Monsieur Adam, j'ai quelques petites questions à vous poser sur le cours :

- Toutes les sciences humaines sont cliniques mais à des degrés différents selon Legrand. Si la science s'intéresse au singulier pour inférer des lois générales et non pour lui-même, elle est dense cliniquement mais si elle s'intéresse au singulier pour lui-même elle est moins dense. Est ce correct ? Et si la science humaine considère que le normal et le pathologique peuvent coexister, est-elle plus ou moins dense ? Et la posture qui gomme le sujet de la science est-elle plus ou moins dense ?

- La définition de la criminologie n'est pas unitaire. Est ce que je me trompe lorsque je pense que vous avez exprimé au cours l'idée que la criminologie est multidisciplinaire et que nous ne sommes pas encore dans de l'interdisciplinaire dans le sens où toutes les disciplines comme la sociologie, la biologie, ... ont leur idée sur le crime mais qu'il n'y a pas de dialogue entre ces différentes disciplines. Et comme nous ne sommes pas encore dans l'interdisciplinarité, nous ne sommes certainement pas encore dans la transdisciplinarité.

-A propos de Morel et des déviations maladives et normales : les déviations normales correspondent au fait pour l'individu de s'adapter aux causes externes (comme l'environnement) pour assurer la survie de son espèce ? Et les déviations maladives se produisent lorsque les causes externes sont beaucoup trop perturbantes et que l'individu n'arrive pas à s'y adapter et donc la vie normale n'est plus possible (il va alors dévier ou devenir fou) ?

- Le crime destructeur et créateur chez Lombroso : l'idée est que Lombroso constate que le monde n'est pas immobile (comme le sous-entend la Bible) puisque les paysages changent. A partir de là Lombroso en viendra à dire que le crime est destructeur car la vie n'a pu apparaître que suite à un acte de rupture dans l'immobilisme du monde mais en même temps ce crime est créateur puisque sans lui la vie ne serait jamais née. Est ce correct ?

Merci d'avance pour vos réponses.
Marie.
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christopheadam
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MessageSujet: Re: question Dim 18 Jan - 12:18

Toutes les sciences humaines sont cliniques mais à des degrés différents selon Legrand. Si la science s'intéresse au singulier pour inférer des lois générales et non pour lui-même, elle est dense cliniquement mais si elle s'intéresse au singulier pour lui-même elle est moins dense. Est ce correct ? Et si la science humaine considère que le normal et le pathologique peuvent coexister, est-elle plus ou moins dense ? Et la posture qui gomme le sujet de la science est-elle plus ou moins dense ?

Non, ce n'est pas correct. Une clinique fortement dense est celle qui reconnaît les dimensions, celle qui est peu dense les ignore, dénie ou néglige mais elles sont toujours là, du moins pour Legrand.

- La définition de la criminologie n'est pas unitaire. Est ce que je me trompe lorsque je pense que vous avez exprimé au cours l'idée que la criminologie est multidisciplinaire et que nous ne sommes pas encore dans de l'interdisciplinaire dans le sens où toutes les disciplines comme la sociologie, la biologie, ... ont leur idée sur le crime mais qu'il n'y a pas de dialogue entre ces différentes disciplines. Et comme nous ne sommes pas encore dans l'interdisciplinarité, nous ne sommes certainement pas encore dans la transdisciplinarité.

Certains tentent l'interdisciplinarité mais c'est toujours un dialogue difficile. La transdisciplinarité, c'est encore autre chose.

-A propos de Morel et des déviations maladives et normales : les déviations normales correspondent au fait pour l'individu de s'adapter aux causes externes (comme l'environnement) pour assurer la survie de son espèce ? Et les déviations maladives se produisent lorsque les causes externes sont beaucoup trop perturbantes et que l'individu n'arrive pas à s'y adapter et donc la vie normale n'est plus possible (il va alors dévier ou devenir fou) ?

Oui.

- Le crime destructeur et créateur chez Lombroso : l'idée est que Lombroso constate que le monde n'est pas immobile (comme le sous-entend la Bible) puisque les paysages changent. A partir de là Lombroso en viendra à dire que le crime est destructeur car la vie n'a pu apparaître que suite à un acte de rupture dans l'immobilisme du monde mais en même temps ce crime est créateur puisque sans lui la vie ne serait jamais née. Est ce correct ?

Oui.

Merci d'avance pour vos réponses.

De rien mais il est vraiment dommage qu'elles m'arrivent si tardivement, en pleine session, alors que j'ai offert diverses possibilités pour y répondre dans le cours de l'année.
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